Le choix qui ne se trompait jamais.
La mémoire du pays raconte que Carthage, en son temps, tenait les routes commerciales de la Méditerranée comme on tient un royaume : ses navires en repartaient chargés d’huile d’olive, précieuse au point de se négocier comme une monnaie. Un peuple qui savait la produire, la reconnaître, la choisir, tenait entre ses mains une part du commerce du monde connu.
On raconte que c’est dans ce temps-là que vivait Janna. Enfant déjà, elle arpentait le royaume à la recherche du meilleur fruit, pas le plus beau, le plus vrai. Elle savait reconnaître, d’un regard ou d’un geste, l’olive qui avait mûri comme il fallait, celle qui avait pris tout son temps sur la branche. Ce qu’elle choisissait partait sur les navires, portait le nom du royaume jusqu’aux ports les plus lointains, si bien que les villageois ont pris l’habitude de prononcer son nom avant de cueillir, comme une question qu’on se pose : est-ce que Janna aurait choisi celle-ci ? Les maîtres de banquet la consultaient pour savoir quelles parcelles honorer. Les marchands la sollicitaient avant d’embarquer une cargaison, pour qu’elle pose un dernier regard sur ce qui allait porter, au loin, le nom de sa terre.
Janna’s Choice n’est pas née d’un cahier des charges. Elle est née d’un regard qu’on est venu chercher, encore et encore, parce qu’on lui faisait confiance : la légitimité d’une fille du pays, pas d’un récit importé.